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05/05/2005

La Première - Rencontre avec Eddy Caekelberghs

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Eddy Caekelberghs est une des voix phares de La Première depuis 1993. Connu pour sa franchise, le journaliste revient pour RadioActu Belgique sur son parcours radiophonique.

Eddy Caekelberghs - (c) S. DebattyRadioActu : Depuis quand avez-vous débuté votre carrière ?
Eddy Caekelberghs : Depuis 1989, cela fait donc près de 16 ans à présent. En tous cas, en ce qui regarde la RTBF. Puisqu'à l'aube des années 80 (entre 1980 et 82), dans la "folie" des radios dites "libres" j'étais déjà en charge des infos sur une antenne fugace appelée "Studio 88", où j'animais par ailleurs en nocturne une émission "bouquins" avec un autre pote aussi peu chevelu que moi, une émission intitulée "Les chauves sourient" : que de souvenirs ... Quant à la RTBF, après plus d'un an d'épreuves de sélection (passées pendant ma période de service militaire) et un appel à la réserve de recrutement constituée dans la foulée, je me suis retrouvé, après deux mois de stage et de formation internes, à la rédaction de Charleroi où j'ai alterné les petits matins en radio et les journées télés pour des programmes aussi variés que les infos régionales ("Ce soir"), économiques (mensuel "Business News") ou transrégionales européennes ("Euro 3" en coproduction avec FR3 Lille, TVS du Kent et WDR de Cologne). Tout cela jusqu'en 92-93. Puis, après une incursion au JT pendant la 1ère guerre du Golfe et dans l'équipe d' "Objectif Europe", direction le Journal Parlé de la Première avec pour mission essentielle le suivi quotidien de l'info institutionnelle européenne ; puis le lancement de "Midi Première", de "Restez en Ligne", de "débats" et, enfin, de "face à l'info", le dernier-né de mes "bébés" !

RA : Vous êtes maintenant sur La Première, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
E. C. : J'y suis depuis le 1er août 1993. Cela ne s'oublie pas : c'était le premier jour de l'annonce du décès du Roi Baudouin 1er de Belgique. Des scènes d'hystérie. Depuis neuf saisons, j'anime le rendez-vous quotidien d'échanges de vues et d'analyses comparées "face à l'info". Un espace didactique au sens propre du terme. L'envie d'aller plus loin, plus en profondeur sur les sujets de l'actualité au sens le plus large du terme. L'actualité ce sont les faits relatés dans les éditions quotidiennes des journaux, mais aussi (surtout ?) les tendances, les grandes lignes de démarcation, de fractures, de ralliements, les grands mouvements de société qui matérialisent mieux le contexte général dans lequel nous évoluons. Il y est donc question d'idées, de culture, de musique, de philosophie, de politique, d'architecture, de santé, de sciences, de découvertes, d'écritures et de tous ces facteurs socio-humains qui maillent notre "vivre ensemble" ... L'ambition : réfléchir à l'arrière-plan (le "background") nécessairement mais aussi et de manière générale à ce qui contribue à "faire sens", à donner un/du sens à ce que nous relatons, vivons, ambitionnons.

La PremièreRA : Quel regard portez-vous sur les radios actuelles ?
E. C. : Le paysage radiophonique n'a pas encore, en Belgique francophone en tous cas, révélé toutes ses potentialités. Il nous faut encore attendre ce que les Français ont en termes "d'explosion de la bande FM". Le jour où un plan de fréquences digne de ce nom se survivra plus de quelques mois, nous pourrons (je le pense sincèrement) dynamiser notre diversité radio. Là aussi, comme en télé, je regrette les grandes tendances à l'uniformisation des tonalités ; les standards restent les mêmes en fonction de la "couleur" à atteindre ; l'innovation se fait rare. Aura-t-on les moyens et l'ambition d'y créer des chaînes thématiques et transnationales par exemple ? Et non pas des déclinaisons colorées localement de grandes "majors" transnationales comme c'est le cas ces dernières années ? Je l'espère vivement. Cela dit, la radio demeure mon support média préféré pour sa souplesse (une ligne de téléphone et l'on est instantanément au bout du monde ou de la rue !), pour l'absence de dictature de l'image (dont on sait qu'elle prime sur le commentaire et l'analyse et véhicule le regard purement sensationnel, au sens littéral du terme) et pour sa convivialité.

RA : Et quel est selon-vous votre top 3 ?
E. C. : La Première en pole position, suivie de Pure FM, certains jours je penche pour Ciel FM et Nostalgie.

RA Que manque-t-il selon vous comme programme sur nos radios
E. C. : Je rêve d'établir des soirées ou de larges heures continues consacrées à des "pages du monde" : une contrée, son actualité, ses news, ses "grandes voix" historiques, culturelles, ses enjeux, ses positionnements. On y alternerait les infos, les débats, les rencontres, les arts et l'émotion, les voix et les sons, les musiques et les archives. De vastes fresques de deux ou trois heures. Une sorte de mixage harmonieux de "face à l'info" du "monde est un village" et du "boulevard du temps" à la sauce "world" ?

RA : Durant votre carrière, vous devez avoir une anecdote à nous raconter ?
E. C. : Ce n'est pas une "anecdote" puisqu'il s'agit ici d'évoquer le 11 septembre 2001. Dans la foulée tragique de l'effondrement des Twin Towers à New-York et des attentats-suicides à Washington, nous avons pris l'antenne de 17h à 24h, non-stop, en improvisant des invités décrochés à la volée, des analystes dans plus d'une vingtaine de capitales, des sons, des témoignages et le tout avec des équipes techniques et un assistanat aux nerfs d'acier. L'événement était tragique mais grâce à ce professionnalisme et aux excellents contacts que nous avons avec nos invités de la tranche "face à l'info" nous avons pu dégager des pistes de réflexion à chaud dont je n'ai pas à rougir a posteriori . Sans complaisances, sans précipitations faciles ou incantatoires, sans compromis sensationnalistes !

RA : Et votre pire souvenir ?
E. C. : Il y a tous les jours, un lot de tracas techniques et bureaucratiques à surmonter qui nous font entrevoir le "pire souvenir" du jour. Mais sur le plan purement professionnel, le pire reste toujours à venir. Qui sait ? Peut-être le jour où je resterai sans voix sur antenne ? Et encore... !

Fabrice Staal (belgique_at_radioactu.be) pour RadioActu

© RadioActu SAS · 2005 · Reproduction interdite sans autorisation

http://fr.radioactu.eu/actualites-radio/43864/la-premiere-rencontre-avec-eddy-caekelberghs/

Fabrice Staal pour RadioActu

© RadioActu SAS · 2005 · Reproduction interdite sans autorisation

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